Tous dans la tempête, mais pas dans la même galère ! Les conséquences psychologiques du télétravail.

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En 2020 nous avons assisté au développement très rapide du télétravail, et à l’adoption d’un nouveau mode de travail flexible par un nombre croissant d’entreprises. Si les salariés ont prouvé aux chefs d’entreprises qu’ils pouvaient s’acquitter de leur travail depuis chez eux, une question demeure :

Avec quel impact psychologique ? L’entreprise en fait-elle assez pour prévenir les conséquences délétères du télétravail sur l’équilibre psychologique de ses employés ?

Dans une série de livres blancs, Jörg Bakschas, expert indépendant en aménagement d’espaces de travail, coach en design thinking et en accompagnement du changement, expose les raisons pour lesquelles les expériences de télétravail diffèrent beaucoup d’une personne à l’autre, et présente quelques uns des points essentiels à considérer avant d’adopter toute forme de travail à distance.

Quid de notre état d’esprit lorsque nous travaillons à domicile ?

C’est bien la question, et il n’y a pas de réponse simple et unique. Une chose est sûre, pour tous les modes de travail flexible incluant le travail à domicile fait partie, on observe un usage intensif du digital.

Or, la plupart des entreprises ayant récemment adopté un mode de travail flexible l’ont fait sans aucune préparation, à cause de l’urgence sanitaire, et en se concentrant sur la mise en œuvre technique, la sécurisation des données, et l’informatique.

Pour autant ce sont les ressources humaines qui ont subi la pression de cette digitalisation accélérée.

Selon une étude de 2017 du Professeur Böhm de l’Université de Saint-Gall, le numérique augmenterait l’épuisement émotionnel d’environ 15%. Et c’est la qualité de la relation entre employés et dirigeants qui permettrait de faire baisser le chiffre de cet épuisement jusqu’à 11%.

Des grandes entreprises comme Siemens et Google, qui prévoient de pérenniser la pratique du télétravail, montrent l’exemple en mettant en place des codes de communication ouverte.

Le plus grand défi

Le plus grand défi pour les entreprises réside moins dans le facteur technologique que dans le facteur humain, avec le changement de mode de gestion des employés (confiance versus contrôle), et aussi dans la conception ergonomique des tiers-lieux, comme les espaces de coworking.

Les avis des dirigeants, qui avaient tous jusqu’à présent généralement rejeté le principe du travail flexible, ont changé de point de vue quand ils ont constaté que leurs employés atteignaient une productivité en moyenne plus élevée en travaillant depuis chez eux.

Pas tous sur le même bateau…

Beaucoup pensent que le travail à domicile facilite la concentration, fait gagner du temps en supprimant les temps de trajets bureau-domicile, et permet de travailler au calme. À la maison, on organise ses propres routines quotidiennes en toute autonomie.

Mais lorsque vous comparez le cadre de travail fourni par l’entreprise et celui que l’on trouve chez les employés, il apparait clairement que les conditions réelles de chacun varient.  

L’expérience de télétravail de chaque collaborateur est unique, et conditionnée par des facteurs qui n’entrent pas en ligne de compte au bureau. Notamment s’il y a suffisamment d’espace pour mettre un bureau ou un poste de travail informatique dans le logement, ou si des enfants, ou même des personnes âgées, s’y trouvent également.

En théorie, avec le travail à domicile, il est plus facile de s’alimenter sainement et de faire de l’exercice. Mais jusqu’à présent il y a plus de gens qui ont tendance à recourir à la malbouffe et à moins faire d’exercice et donc à prendre du poids. Ce qui vient faire baisser le niveau général de satisfaction et de bien-être.

Facteurs de stress

Nous devons bien faire la distinction entre le télétravail actuel « forcé » et la planification à long terme du futur du travail.

Pendant la pandémie, beaucoup de gens ont éprouvé des difficultés à s’adapter au télétravail, ainsi qu’à tous les changements d’habitudes et de routines que cela impliquait au quotidien.

Chacun fait avec ses ressources. Pour l’un l’adaptation est aisée, pour l’autre elle entraine certains troubles. Comme des troubles du sommeil, ou l’incapacité à se concentrer, qui peuvent survenir après plusieurs semaines, et entraîner un épuisement professionnel ou même des troubles de la personnalité.

Les missions comptent également. Ainsi que la complexité du travail, l’autonomie, et l’engagement de la direction, qui ont une grande influence sur le bien-être et la satisfaction des télétravailleurs. Tous les employés ne sont pas aussi déterminés, ni ne possèdent les dernières technologies informatiques, ni n’aiment travailler seuls.

Et même le collaborateur qui a un bureau chez lui (espérons-le ergonomique !) va rencontrer de nouveaux types de problèmes de type technique à résoudre.

Il est désormais aussi responsable de la structure de ses journées, auparavant déterminées par des processus et des collaborateurs. Pour certains, cela engendre du stress et de la solitude.

Améliorer le bien-être physique et mental des travailleurs à domicile

La transition vers des modes de travail flexible peut être bénéfique pour les employés et les employeurs si des stratégies à long terme sont mises en place.

Il faudrait notamment tenir compte des points suivants :

  • Reconnaître que les changements d’habitudes et de comportement sont difficiles à effectuer. Je le sais grâce à mes nombreuses expériences d’accompagnement au changement
  • La structuration d’un rythme quotidien est essentielle et doit être pensée en amont
  • Le manager doit inspirer la confiance. Il ne devrait y avoir aucune peur ressentie par les employés
  • Etablir des règles claires, pour gérer à la fois le travail et la collaboration
  • Soutenir les employés dans l’organisation et la planification (de leurs tâches, objectifs, gestion du temps)
  • Soutenir la conception ergonomique des espaces de travail, que ce soit à domicile ou dans les lieux de coworking

 

Les humains sont des êtres sociaux

Si je ne suis pas psychologue, je peux dire grâce à mes activités de coaching et à toutes mes lectures que le passage à un mode de travail à distance pose plusieurs problèmes de fond :

  • Les êtres humains sont des créatures sociables. Beaucoup font face à de gros problèmes d’isolement et de solitude.
  • Nous n’avons pas tous les mêmes capacités à travailler en solitaire.
  • Les personnes qui tendent à éviter les interactions sociales s’opposeront moins à télétravailler de manière permanente.
  • Mais on atteint toujours de meilleurs résultats par l’interaction réelle entre les gens. C’est la raison pour laquelle différents « nouveaux modes de travail » se sont développés ces dernières années.
  • Nous avons besoin de retours sur ce que l’on fait. S’il n’y a pas de réponse, cela peut entraîner l’insatisfaction et l’épuisement.
  • Certaines entreprises attestent avoir réduit le télétravail par le passé pour cause de baisse de fidélité de leurs employés.
  • Beaucoup de gens trouvent plus difficile de s’organiser à domicile, et c’est pourquoi ils travaillent jusqu’à deux heures de plus par jour (selon les données VPN du rapport Forbes 2020).
  • Selon les compagnies d’assurance maladie allemandes, l’épuisement professionnel aurait augmenté au cours des cinq derniers mois en raison du mélange entre vies privée et professionnelle, le temps de travail à domicile étant prolongé inconsciemment. Ainsi, d’après un récent sondage, LinkedIn révèle que 20 % des répondants ressentent une pression à répondre plus rapidement aux e-mails.

 

Cela montre combien il est important de préparer les gens au travail flexible à long terme. Ils doivent pouvoir s’organiser et s’autoréguler, et leurs employeurs les soutenir au fur et à mesure du processus d’adoption de ce mode de travail.

Il en va de même pour les conditions d’organisation technique, telles que le lieu et l’équipement du bureau à domicile.

En réalité, le travail à distance pur, sans réunions régulières ni interactions sociales, ne peut convenir qu’à une faible proportion des employés. Pour qu’une entreprise fonctionne à son plein potentiel, elle doit pouvoir exploiter la puissance des instincts sociaux.

Pour lire le premier livre blanc de cette série, « Mort de l’Open Space ? » par le Professeur Alan Hedge, cliquez ici.

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