Comment évoluera le monde du travail après le COVID-19 ?

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Comment évoluera le monde du travail après le COVID-19 ? 

Une analyse des leçons de la crise sanitaire par Jöerg Bakschas.

Avec ce confinement presque mondial, l’attention habituelle portée vers les grandes chaines et les multinationales, qui ont tout à coup été mises à l’arrêt, s’est détournée vers les PME et TPE qui ont su sortir leur épingle du jeu. Et après avoir pris douloureusement conscience de l’importance du travail effectué par les professionnels du soin, des infirmiers et des personnels médicaux, on a également prêté une grande attention à nos systèmes de santé, centrés sur le profit.

Les valeurs et les priorités des gens ont évolué, le désir d’un changement de société profond s’est confirmé. Qu’un grand nombre d’entre nous se soient soudain retrouvés dans une forme ou une autre d’isolement nous a fait prendre conscience de l’importance de communiquer, de se voir et de se parler en vrai. Or l’usage des technologies de visioconférence comme MS-Teams, WebEx, Zoom ou Skye a augmenté de façon exponentielle, et fait maintenant partie intégrante de notre « nouvelle normalité ».

Au bureau, pour pallier au manque de réunions, nous nous tournons immédiatement vers le e-mail. Mais même avant la crise, il était apparu que cette forme de communication était à la fois trop limitée et trop compliquée. Nous rencontrons tous les mêmes problèmes : une mauvaise interprétation, une lecture « entre les lignes », et d’interminables listes de destinataires en copie. Même un appel téléphonique est devenu trop limité si vous avez pris l’habitude d’échanger des informations lors de réunions animées, avec force présentations, paper boards, graphiques, etc. Seules les vidéoconférences peuvent nous donner une impression de vraie réunion. Pourquoi ? Parce qu’on y montre son visage. Ce n’est que lorsque je peux voir mes interlocuteurs en face que je peux capter des informations importantes par leurs gestes et leurs expressions. Le langage non verbal est un élément clé de la communication, surtout dans le cadre du développement du « leadership virtuel ».

Certains ont dit que nous nous connaissons même mieux grâce aux visioconférences et au télétravail. J’ai vu passer beaucoup de messages positifs sur les réseaux sociaux et assisté à des réunions virtuelles où les gens étaient contents de pouvoir voir leurs collègues dans des vêtements décontractés pour la première fois, de percevoir comment vivait l’autre, d’aborder des sujets plus personnels, avec des collègues croisés parfois rarement.

Les médias ont dit aussi que la pandémie avait fait bondir le taux de surpoids de la population et augmenté la « malbouffe ». Une alimentation saine, une bonne forme physique et un bon moral devraient pourtant être plus faciles à maintenir en télétravail ! Beaucoup de gens semblent avoir eu du mal à garder la forme, à ne pas avoir réussi à s’accorder de pause, à ne pas avoir su comment organiser leur temps libre. J’ai pu remarquer en effet que pour beaucoup de gens, les principes de base du télétravail n’ont pas été appliqués.

Ce qui a été diffusé dans les médias sous des titres tels que « Conseils pour télétravailler efficacement » devait consister à suivre des horaires de travail fixes, à porter des vêtements de travail appropriés, et à tenir des réunions régulières le matin. Or, c’est exactement le contraire de ce souhaitaient les partisans du télétravail avant la crise. Bien sûr, un espace de travail équipé professionnellement avec un siège et un bureau adaptés sont indispensables. Et lorsqu’on travaille, on ne mange pas, on ne joue pas avec ses enfants, ni avec ses animaux de compagnie, mais on peut organiser sa journée en fonction de son style de vie tout en répondant à ses impératifs professionnels. On planifie des réunions avec ses collègues et on travaille de manière concentrée, on se détend aussi, on fait du sport, et c’est bien ce qui rend le travail à domicile si agréable.

La plupart des entreprises ont commencé à explorer de nouvelles voies, à essayer de nouvelles méthodes, et même à repenser leurs modèles de développement.

Des questions qui étaient auparavant abordées au mieux lors de séminaires internes et d’ateliers pointus sont désormais partout à l’ordre du jour. Quelles sont les missions essentielles de l’entreprise ? Qui sont nos clients et que veulent-ils vraiment ? De quelle aide urgente avons-nous besoin pour maintenir l’entreprise ?

Chacun s’inquiète à présent de sa clientèle et fait tout ce qu’il peut pour ne pas la perdre malgré les nombreuses restrictions, et en même temps, on s’interroge sur sa propre culture. Au cours des dernières semaines, nous avons vu à quel point certaines entreprises s’étaient révélées créatives, en particulier des petits entrepreneurs et des indépendants qui avaient su adapter leur offre pour répondre aux nouvelles demandes et aux exigences du marché.

Quelles seront les conséquences pour le bureau de demain ?

L’essor du digital s’est très nettement accéléré et a atteint des secteurs et des entreprises qui en étaient encore éloignés à ce jour. L’expression « activité essentielle » risque de résonner encore longtemps et a bouleversé notre économie. Je suis également convaincu qu’en cette période de restrictions  les gens se préoccuperont davantage de leur propre sort et des systèmes sociaux dans lesquels ils vivent.

Les priorités vont changer. Pendant quelques temps, le monde entier a pu rire des personnes qui avaient stocké des monceaux de papier toilette. Mais ce qui est surtout apparu clairement, c’est la façon dont nos systèmes économiques fonctionnent. Et qu’ils ne fonctionnement pas sans nous. Aujourd’hui on fait plus attention les uns aux autres, et même des entreprises concurrentes se mettent à parler au « nous ».

Les dispositifs d’organisation, les lieux de travail, les horaires, et l’accessibilité sont mis à rude épreuve avec la crise. Les législateurs envisagent même de nouvelles réflexions sur le temps de travail. Car une chose doit être bien claire : le télétravail ne sera plus le privilège d’une petite élite, ce sera une nouvelle donne pour la majorité des salariés. Et si on observe de plus près la façon dont la plupart des entreprises se sont rapidement organisées afin de rester compétitives pendant la crise, on constate que l’autonomie d’organisation a conduit à plus de responsabilité personnelle. Les principes du travail agile, connus depuis longtemps dans le secteur de l’informatique, se sont généralisés depuis ces dernières semaines.

Mais si le recours aux réunions virtuelles est désormais adopté par tous, quelque chose a cependant manqué à beaucoup de salariés : le bureau comme lieu de rencontres et de lien social. Certaines directions m’ont ainsi affirmé qu’elles envisageaient toujours d’aménager de nouveaux espaces de travail, mais très différemment de qui avait été envisagé. Elles retiennent de la crise les bonnes choses, les moins bonnes, et ce qu’elles veulent développer à l’avenir. Au cœur du nouvel environnement qui se dessine, on trouve plus de flexibilité, à la fois d’espace et de temps, des zones de travail différenciées, et bien sûr, des bureaux partagés.

Les entreprises seront plus enclines à proposer le télétravail à leurs employés et souhaiteront mieux utiliser leurs ressources humaines, pour qui la « Guerre des Talents » fait rage. J’imagine que la grande majorité des salariés voudront continuer à télétravailler. Peut-être pas tous les jours, mais au moins un jour ou deux par semaine, afin d’être plus  efficaces et concentrés. Le bureau deviendra plus un lieu de collaboration et d’innovation dédié aux réunions et à l’idéation. Le télétravail permettant de réduire les temps de trajets, cela allègera les réseaux de transports collectifs et individuels, et permettra aussi à chacun d’atteindre un meilleur équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie privée.

Le leadership sera vécu différemment, puisque des relations de confiance ont du être instaurées pendant la crise, et tous les collaborateurs apprendront à bien s’organiser. Cela étant rendu possible par la dématérialisation progressive. Il appartient désormais aux entreprises de décider de la bonne « distance » à conserver après la crise, et de réfléchir aux formes de coopération à développer avec leurs collaborateurs et leurs partenaires commerciaux à l’avenir.

Cet article a été écrit par Jöerg Bakschas, expert indépendant en aménagement d’espaces de travail, coach en design thinking et en accompagnement au changement. Il est membre de plusieurs comités européens chargés d’établir les normes et standards des environnements de travail.

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